Semaine paisible, dirons nous. Lundi : repos. Lire, lire, lire. Mardi : repos. Il faut ressourcer sa force de travail ma foi ! Mercredi : ah ! Trois heures de turbin ! La réunionite aiguë propre aux travailleurs du social a fait son oeuvre. A l'ordre du jour, des catastrophes «en-veux-tu-en-voilà», les sept plaies d'Egypte à côté font figure de petits incidents (si j'exagère dites-le moi !). Première calamité : mon école fait l'objet d'un audit administratif et pédagogique par les services du Conseil Régional d'Ile de France. Objectif : rationaliser les coûts. Tiens ?! Comme c'est étrange ? Le social aussi est soumis aux contingences économiques ? La réforme de la Convention Collective du travail de 1966 si défavorable aux salariés, aurait-elle pour motif cette impérieuse rationalisation des coûts ? Alors ça voudrait aussi dire, que la formation des éducateurs coûte trop cher? Il paraîtrait que oui. Pourtant, il me semblait _mais je suis si naïve parfois_ que ce métier revêtait une éthique professionnelle propre à le garantir contre ces tracas d'argent. Ah bon ? Je me suis fourvoyée ? Et dire que je m'entête auprès des étudiants à leur enseigner l'inaltérabilité de la valeur humaine. Je suis payée à ne rien faire moi !

Seconde plaie : rappelez vous de la réforme de la formation professionnelle qui nous a été vendue comme possible tout au long de la vie, formidable non ? Eh bien nous pouvons lui souhaitez la bienvenue dans nos chaumières ! Toutefois, nous avons omis que toute médaille a un revers. Ah oui ! Formation, d'accord, mais sur notre temps de travail et à nos frais ou bien en tant qu'étudiant (entendez là impossibilité de travailler et donc de vivre), sinon, mère-région-décentralisée ne donnera pas un kopeck aux écoles ni aux étudiants, c'est comme ça et c'est tout ! Et n'espérez pas l'octroi d'une allocation chômage, les formations du social n'entrent pas dans le plan prioritaire d'aide à l'emploi.

Stop, je vous fais l'économie du reste des fléaux auxquels nous allons devoir faire face, parce que mon billet en deviendrait insultant !

Jeudi : A la recherche d'un nid d'amour. Je vous passe les détails, mais là encore, si on ne se nomme pas De Villepin, Drut ou Tibéri, la prospection se transforme en quête du Graal !

Vendredi : à juste titre les étudiants revendiquent de déplacer le cours droit de l'après-midi vers un autre jour de début de semaine. Je ne saurais les en blâmer ! Moi-même, dispenser un cours sur la protection des majeurs le vendredi après midi, ça ne m'enchante guère. Tout le monde est dispersé, surtout après avoir éclusé la barrique de vin du pot amical du jour maigre. Non ! Non ! Non ! Au cours de droit le vendredi après midi !

Samedi : Doux éveil avec mon amoureux, mon jumeau, l'autre morceau qui fait de moi une entité (oui je sais, j'existe sans lui, mais si ça me fait plaisir à moi de me partager avec lui !!!). Quête du graal bis. Plus nous avançons, plus nous reculons. Va falloir se doter d'une sérieuse dose de crampons. Le type de l'agence immobilière : «A 250 000EUR, vous n'aurez rien...» Ah ? Et la réquisition c'est possible ?