Décor : couloir du métro parisien, 23h et quelques minutes, je sors accablée d'un symposium où parfois l'on s'y triture les méninges futilement. Envie de lire un recueil de nouvelles de Roald Dahl, assez piquantes au demeurant.
Le métro ralentit à la station Alexandre Dumas. Défilement de placards publicitaires dont un retient particulièrement mon attention.
Une réclame pour des voyages en train à tarif dégriffé.
En portrait, une jeune fille grimée comme un personnage tout droit sorti d'une série Z.
La formule boutiquière :

«Vous pouvez partir à deux, plus la peine de la larguer.»

Au risque de passer pour une féministe étroite _ et croyez que j'ai connu pire comme affront_ si ce slogan n'a pas une vocation humiliante, informez moi sur son utilité !

Quel est le lien entre cette jeune femme exhibée comme représentant le prototype de la femme anti fantasme et les virées en train ? L'image féminine qui ne satisfait pas aux critères esthétiques déclarés par des rédactrices de mode, elles-mêmes en proie aux affres du vieillissement, n'aurait-elle pas droit de cité ?
De quelles armes disposent-elles pour nous soumettre ainsi ?

Si l'annonce se prétend positive dans son articulation graphique et rédactionnelle, tout ce qu'elle sous entend par ailleurs, la range parmi les joyaux du catalogue des discriminations.
Quelle majesté, quelle élégance, nous dévoilent ici les créatifs de la pub.